Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020



Des réalisations et des acquis à consolider

Les choix stratégiques de développement adoptés par le Maroc l’ont placé sur la voie de l’ouverture et du progrès. Ce processus s’est intensifié par la mise en place de stratégies sectorielles ciblées.

Ainsi orienté, le secteur industriel marocain s’est engagé dans une dynamique de croissance qui s’est fortement consolidée depuis la mise en œuvre du Plan Emergence et la conclusion, en 2009, du Pacte National pour l’Emergence Industrielle.

A ce jour, des réalisations tangibles sont à noter, en particulier : l’accroissement de 22% des exportations du secteur, une nette évolution des infrastructures et l’implantation de leaders industriels mondiaux, augmentant les investissements directs étrangers (IDE) jusqu’à un taux moyen annuel de 23% depuis 2009.

Ces performances ont permis de mieux positionner le Maroc sur les radars de la planète en tant que destination industrielle crédible et compétitive.

Il s’agit désormais de consolider les fondements de l’édifice industriel en place, afin d’exploiter de manière optimale le potentiel industriel du pays qui se situe favorablement à la croisée de l'Europe, de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l’Amérique.





Cette exigence de consolidation s’appuie sur trois acquis fondamentaux, à savoir :

La stabilité dont peut se prévaloir le Maroc aux niveaux institutionnel, politique, et macro-économique, et qui constitue un avantage concurrentiel précieux dans un monde en reconfiguration permanente ;


L’attractivité développée grâce à une offre combinant la proximité, la compétitivité et l’accès aux marchés ;


Les efforts massifs consentis dans les infrastructures routières, aériennes, portuaires, industrielles et télécoms, qui font désormais du Maroc une nation multi-connectée où le déplacement des hommes, des marchandises et des données est rapide.

Des défis importants à relever En capitalisant sur ces atouts de taille, 5 objectifs primordiaux ont été définis. Il s’agit de:

Augmenter la capacité d’absorption des nouveaux actifs

Accroître la part de l’industrie dans le PIB

Dynamiser la capacité d’exportation sur les plans quantitatif et qualitatif


Améliorer les capacités d’accueil des investisseurs


Développer la productivité par un appui ciblé au tissu industriel

Le Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 : un catalyseur intégré de la croissance

Tenant compte de l’ampleur des défis à relever et des insuffisances qui freinent la pleine expansion du secteur industriel marocain, le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) s’inscrit dans la lignée du Plan Emergence et vise à faire de l’industrie un levier majeur de croissance.

La nouvelle stratégie industrielle assigne au secteur les objectifs généraux suivants, à l’horizon 2020 :

La création d’un demi-million d’emplois, pour moitié provenant des IDE et pour moitié du tissu industriel national rénové;
L’accroissement de la part industrielle dans le PIB de 9 points, passant de 14% à 23% en 2020.

Pour ce faire, la nouvelle stratégie se décline en 10 mesures clés regroupées en 3 classes.

1. Des écosystèmes industriels pour une industrie davantage intégrée
Le premier bloc de mesures a pour objectif de réduire l’atomisation sectorielle et de construire une industrie mieux intégrée. Ce chantier repose sur la mise en place d’écosystèmes industriels ayant vocation à créer une nouvelle dynamique et une nouvelle relation entre grands groupes et PME.
Cette collaboration d’un nouveau genre entre les leaders industriels et les PME vise à faire de l’industrie un pourvoyeur d’emplois majeur, notamment pour les jeunes, et à l’inscrire dans un cercle vertueux.
Cette logique d’écosystème vise également à optimiser les retombées sociales et économiques de la commande publique via la compensation industrielle (offset) qui représente 20% du PIB. Ceci permettra de démultiplier l’investissement, de monter en valeur dans les filières et d’améliorer la balance des paiements en favorisant les achats de produits et de services auprès du tissu local.
Dans le cadre de la mise en place de ces écosystèmes, une attention particulière sera portée à l’accompagnement de l’informel vers le formel avec la mise en place d’un dispositif complet d’intégration de la très petite entreprise (TPE), comprenant la création du statut d’autoentrepreneur, un volet fiscal adapté, ainsi qu’une couverture sociale, un accompagnement et un financement dédiés.
En vue de répondre à l’enjeu essentiel d’adéquation des compétences aux besoins des entreprises, l’expérience du programme Skills de l’OCP sera généralisée. Pour ce faire, deux leviers seront mis en place : une banque de ressources humaines certifiée et un « pool inter-contrats ».

2. Des outils de soutien adaptés au tissu industriel
L’amélioration de la compétitivité des PME est un enjeu crucial, pour la concrétisation duquel le PAI prévoit une série de mesures intégrées afin d’assurer un accompagnement adapté aux besoins des entreprises et de leur fournir un cadre favorable au développement de leurs activités.
Sur le plan du financement, un fonds d’investissement industriel public (le Fonds de Développement Industriel – FDI), doté d’une enveloppe de 20 milliards de dirhams, permettra au tissu industriel de se consolider, de se moderniser et de développer sa capacité de substitution aux produits importés.
Parallèlement à l’accompagnement de l’Etat, l’appui du secteur bancaire se renouvelle avec le lancement de la nouvelle stratégie. Une offre de financement intégrée et compétitive est mise en place, en vertu d’une convention de partenariat conclue entre l’Etat et le secteur bancaire qui s'engage à accompagner les entreprises industrielles (taux compétitifs, soutien à la restructuration, accompagnement à l’internationalisation, …) et à fournir la consultation et l'accompagnement nécessaires aux porteurs de projets.
En matière de préparation de foncier industriel, 1000 hectares seront mobilisés pour la mise en place de parcs industriels locatifs avec des locaux clé en main. Ces parcs industriels s’ajoutent à l’offre existante en zones industrielles et en plateforme industrielles intégrées (P2I), et intègrent un guichet unique, un bassin d’emplois de proximité, des services ad hoc et un dispositif de formation.
Une offre de formation adaptée aux besoins en compétences de l’industrie est mise en place dans le cadre du PAI pour assurer une meilleure adéquation de cette offre aux besoins des entreprises. Des aides directes à la formation sont aussi allouées dans le cadre de la nouvelle stratégie.

3. Un positionnement à l’international plus marqué
Le troisième bloc de mesures vise à améliorer le positionnement du Maroc à l’international. S’agissant de sa situation sur les marchés extérieurs, les efforts d’accompagnement seront concentrés sur les secteurs à fort potentiel d’exportation pour améliorer la compétitivité de l’offre exportable du Royaume. Un suivi rapproché des Accords de Libre Echange (ALE) en cours de négociation sera assuré, ainsi que la surveillance du respect précis des dispositions des ALE existants. En parallèle, la stratégie prévoit de promouvoir l’investissement étranger en instaurant une culture de deal-making pour ouvrir le Maroc aux opportunités de l’évolution du marché international, par exemple la délocalisation annoncée de 85 millions d’emplois chinois. A cet effet, une équipe dédiée est mise en place. Le PAI propose, enfin, des mesures de concrétisation de la vocation africaine du Maroc, orientation donnée au plus haut niveau de l’Etat. Les relations privilégiées avec les partenaires africains s’étoffent dans une perspective de collaboration mutuellement bénéfique.
Pilotage et gouvernance de la stratégie Le suivi de la mise en œuvre du PAI est assuré par un comité interministériel qui veille à la réalisation des projets initiés et à l’exécution des conventions conclues entre les divers partenaires impliqués. Dans un souci de bonne gouvernance de cette nouvelle stratégie, la convergence des structures de promotion de l’investissement industriel au sein d’une « équipe Maroc » permettra l’émergence de projets phares.