Mesures Sectorielles  
 
  Présentation du Ministre
  FR AR
 

 

 

 

 

 


I- Commerce de proximité

II- La grande et moyenne distribution

III- Les marchés de gros des fruits et légumes, les
abattoirs et les halles aux poissons


---------------------------------------------------------------------------------------------

I- Commerce de proximité  

Le commerce de proximité occupe une place importante dans l’économie nationale compte tenu de sa participation à la création d’emplois et de richesses. Ce mode de commerce, économiquement et socialement ancré à l’identité nationale, recèle d’innombrables atouts et est fortement apprécié chez le citoyen marocain.

En effet, les avantages compétitifs du commerce de proximité résident dans :

  • La proximité au consommateur ;
  • Les facilités de paiement accordées au client à travers le carnet de crédit;
  • Les horaires d’ouvertures adaptés ;
  • Le contact personnalisé entre le commerçant et le consommateur.

Malgré ces avantages, le petit commerce reste soumis à plusieurs difficultés internes et externes qui handicapent son développement et sa compétitivité ; notamment à cause de:

  • L’apparition de nouveaux modes de commerce ;
  • L’influence du secteur non structuré ;
  • La concurrence des foires et salons opérant la vente en direct ;
  • L’absence de pratiques et techniques modernes de vente et de gestion pouvant répondre aux besoins des consommateurs.

Par ailleurs, le programme RAWAJ VISION 2020 sous-tend au développement du commerce de proximité la réorganisation de ses structures et la modernisation de ses modes de gestion. Dans ce cadre, il recommande un package pour améliorer la compétitivité du commerce de proximité à travers l’adoption d’un système de labellisation des commerces permettant d’attester de la qualité des services, des produits offerts au sein du point de vente. De même, le programme propose pour le commerce de proximité une spécialisation du petit commerce et son regroupement en réseaux commerciaux et ce en vue d’augmenter sa rentabilité économique et financière.

Pour ce faire et en vue d’inciter les commerçants à adhérer à ce plan de modernisation, le programme RAWAJ VISION 2020 prévoit la mise en place d’un mécanisme de financement dédié, notamment, la création d’un fonds de développement du commerce.

Ce fonds permettra de financer et d’appuyer les projets initiés par les collectivités locales dans le but d’organiser les espaces commerciaux, moderniser les espaces publics et aménager des sites pour la sédentarisation des commerçants ambulants.

Ce programme a retenu également comme action l’appui à la diffusion et à la promotion des techniques modernes de gestion telles que l’adoption d’un système de labellisation, la promotion des concepts nationaux de franchise, l’adhésion aux réseaux commerciaux et la modernisation des équipements, etc.

Par ailleurs, le programme RAWAJ VISION 2020 prévoit des actions spécifiques pour l’accompagnement et la modernisation du commerce de proximité en milieu rural, notamment en matière de réhabilitation des souks et des marchés ruraux.

II- La grande et moyenne distribution:

La grande et moyenne distribution et le commerce moderne ont connu un rythme de croissance soutenu lors des deux dernières décennies. Cet essor vient accompagner et répondre aux nouveaux besoins de consommation du citoyen marocain, induits notamment par l’évolution du mode de vie, la mondialisation culturelle et économique, l’urbanisation croissante et l’amélioration du niveau de vie.

C’est ainsi que le nombre d’hypermarchés est passé de 6 en 1997 à 26 actuellement. De même, le nombre de réseaux de franchise dépasse 300 avec plus de 2000 points de vente dont une quarantaine de réseaux marocains.

Par ailleurs, il est à noter que le développement de ces nouveaux modes de commerce participe à la modernisation de l’appareil commercial et répond aux besoins du consommateur concernant la variété de l’offre, le rapport qualité/prix, l’animation commerciale, les campagnes de promotion, les facilités de paiement, la convivialité de l’espace de vente, etc.

En outre, ce secteur contribue de manière significative au développement de notre économie eu égard son importance dans l’attrait des capitaux étrangers au Maroc.

Néanmoins et malgré l’évolution remarquable de ces nouveaux modes de commerce, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils sont confrontés à plusieurs difficultés liées notamment à :

  • L’Indisponibilité de personnel qualifié dû au manque, voire l’absence, de filières de formation adaptées aux besoins de la distribution moderne;
  • La difficulté à s’approvisionner en produits frais (boucherie, fruits et légumes, poissons….) lié au manque d’organisation des filières dans ce domaine et à l’obligation d’approvisionnement auprès des marchés communaux en ces produits ;
  • Le déficit et la cherté de l’immobilier commercial et du foncier ;
  • La faiblesse du système logistique et de transport.

D’un autre côté, il y a lieu de souligner que ce secteur connaît une concentration du nombre d’acteurs, ce qui constitue un frein au libre jeu de la concurrence.

En relation avec le commerce moderne, le plan d’actions RAWAJ vision 2020 vise à atteindre les objectifs chiffrés suivants :

  • Implantation de 600 grandes et moyennes surfaces à l’horizon 2020 ; dont plus de 50 hypermarchés générant près de 80.000
  • Création de 15 malls pouvant abriter prés de 3000 magasins de franchise et de commerce moderne et générant prés de 21.000 emplois ;
  • Création de 15 outlets, solderies et magasins d’usine générant 5.000 emplois ;

Par ailleurs, il convient de signaler que le programme RAWAJ VISION 2020 recommande un encadrement du développement des nouveaux modes de commerce à travers l’établissement de schémas directeurs national et régionaux d’implantation commerciale (voir plan attractivité commerciale).

Dans ce sens, le programme RAWAJ VISION 2020 propose un accompagnement du secteur en mettant en œuvre les mécanismes suivants :

  • Mettre en place des branches de formation adaptées à la distribution moderne pour permettre une adéquation entre l’offre et la demande en formation ;
  • Permettre aux grandes et moyennes surfaces l’intégration amont de la filière des produits frais ;
  • Mettre en œuvre des chartes d’éthique entre les producteurs et les opérateurs de distribution moderne.
  • Encourager le développement de marques de distributeurs et ce, dans le cadre d’un partenariat entre les distributeurs et les PME PMI locales.
III- Les marchés de gros des fruits et légumes, les abattoirs et les halles aux poissons: 

Les infrastructures commerciales communales jouent un rôle important dans le développement de l’économie du pays et l’approvisionnement du marché local en fruits et légumes, en viandes et en poissons.

Les principales forces de ces structures sont :

  • Une large couverture régionale ;
  • Des volumes significatifs de transaction pour certains marchés de gros ;
  • La filière exportation est professionnelle et peut servir d’exemple pour la distribution / consommation domestique ;
  • La satisfaction des besoins de la population;
  • La possibilité de la concession au privé (expérience des abattoirs de Casablanca) ;
  • Une mission initiale de fixation des cours ;
  • Une large culture de consommation des produits carnés dans la société marocaine avec une valorisation de l’ensemble de la carcasse ;
  • Amélioration de la qualité du poisson vendu par les marchés sous tutelle de l’Office National de Pêche.
  • Un système de contrôle sanitaire de l’abattage et de la vente des poissons garantit la qualité au consommateur.

Malgré ces points forts, le secteur de la vente en gros des produits frais connaît plusieurs faiblesses qui les empêchent de jouer leur rôle comme chaînon important de l’approvisionnement du marché national. Ces faiblesses se résument comme suit :

  • Inadaptation des textes régissant ces espaces commerciaux au développement du secteur du commerce ;
  • Problèmes liés à la dégradation de l'infrastructure particulièrement dans les marchés de gros des fruits et légumes et des abattoirs ;
  • Système fiscal bloquant la relance du secteur ;
  • Problèmes liés aux mandataires au niveau des marchés de gros des fruits et légumes, des abattoirs et marchés de vente en gros des poissons, qui ne jouent plus leur rôle économique consistant à faciliter les opérations de vente ;
  • Manque de conditions d’hygiène pour certains abattoirs et marchés de vente en gros de poissons frais, ce qui représente un danger pour la santé et la sécurité des citoyens ;
  • Concurrence déloyale de la part du secteur informel ;
  • Incapacité des moyens actuels des abattoirs à répondre aux besoins du contrôle sanitaire des viandes ;
  • Manque d’acteurs spécialisés dans la gestion de ces infrastructures commerciales communale.

Pour pallier à ces problèmes, le programme RAWAJ VISION 2020 prévoit :

  • La mise en place d’un schéma directeur visant le redéploiement des marchés de gros, des abattoirs et des marchés de vente en gros de poissons frais et ce, dans le but de les professionnaliser. Ce schéma directeur statuera sur le sort des marchés informels en décrétant soit leur fermeture soit leur restructuration en vue de leur réintégration.
  • Dans ce sens, il est opportun d’étudier la possibilité de redéployer les marchés de gros et les abattoirs (à vocation régionale adossés à des marchés locaux) afin de créer un effet de masse et assurer la rentabilité économique nécessaire à la pérennisation et au développement de leurs services. Il est proposé comme modèle cible 16 marchés de gros des fruits et légumes et 16 abattoirs industriels à l’horizon 2020.
  • L’implication du secteur privé dans la gestion des marchés de gros des fruits et légumes et des abattoirs.
  • La suppression de l’obligation de passage par le marché de gros.
  • La spécialisation des marchés de gros des fruits et légumes en fonction de la nature des territoires (marché de gros « de consommation », marchés de gros « de production » ou « d’expédition ».
  • la substitution du système de taxation appliqué via les mandataires par une taxe sur l’exploitation du bien public. Cette taxe pourra être complétée par des redevances liées aux services rendus par le marché aux professionnels et aux clients.
  • L’adoption une politique de labellisation des marchés de vente en gros des produits frais.