Les industries des matériaux de construction se dotent de leur contrat de performance

Les industries des matériaux de construction se structurent en écosystème et se dotent de leur contrat de performance. Cinq filières sont concernées : le préfabriqué, la céramique, le marbre, l’acier et le ciment.

Ce contrat de performance a été signé, le 23 mars 2016, à Rabat, par le Ministre de l’Industrie du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, M. Moulay Hafid Elalamy, le Ministre de l’Economie et des Finances, M. Mohammed Boussaid et les présidents des associations professionnelles des filières concernées.

Le développement de cet écosystème est appelé à relever les enjeux liés à l’industrialisation des filières, l’amélioration de la compétitivité à l’import / export et la réduction de la facture énergétique des acteurs (valorisation de la biomasse et des déchets ménagers) et à combler les carences du secteur notamment la faible valorisation de certaines activités, la faiblesse de l’adéquation de la formation aux besoins des filières et le manque d’innovation dans les produits de construction.

S’exprimant à cette occasion, M. Elalamy a souligné que la mise en place de cet écosystème permettra la relance d’une industrie des matériaux de construction performante et compétitive qui s’articulera avec davantage d’efficience avec le reste des activités économiques et plus particulièrement celles du bâtiment et des travaux d’infrastructure.

L’écosystème « industries des matériaux de construction » contribuera d’ici 2020, à :

• Créer 28.000 emplois industriels additionnels pérennes dont 16 000 emplois industriels directs ;

• Générer 10,1 milliards de dirhams de chiffre d’affaires additionnel ;

• Créer 2,9 milliards de dirhams de valeur ajoutée industrielle supplémentaire ;

• Réaliser plus de 4,8 milliards de dirhams d’impact positif sur la balance commerciale ; dont 3,5 Md liés aux exports, et 1,3 Md liés à la substitution d’imports ;

• Apporter un investissement de près de 2,75 milliards de dirhams dans le secteur.

L’accompagnement prévu par l’Etat dans le cadre du contrat de performance comprend un arsenal de mesures qui s’adaptent parfaitement aux besoins et attentes des opérateurs :

• Un accès au foncier à prix attractifs, avec la mise à disposition de 210 hectares de foncier locatif ;

• La mise en place d’un plan de formation couvrant 100% des besoins des écosystèmes ;

• La mise en place d’une démarche gouvernementale conjointe pour la gestion des carrières de marbre ;

• Un soutien proactif des investisseurs dans la valorisation des déchets ménagers ;

• Soutien à la structuration de la filière de démantèlement des navires.

L’aspect normatif n’est pas en reste puisqu’il sera procédé au renforcement des normes, la mise en place d’un système de contrôle efficient ainsi que le contrôle systématique des normes dans les marchés de la commande publique.

L’’accompagnement de l’écosystème prévoit également la mise en place d’une cellule conjointe MICIEN / Fédération des industries de Matériaux de Construction, pour un suivi proactif des marchés internationaux et d’une démarche gouvernementale conjointe pour la gestion des carrières de marbre.

Le développement de la filière du « préfabriqué » favorisera l’industrialisation des filières et la montée en gamme des constructions marocaines à travers notamment l’amélioration des conditions d’investissement, l’appui à la modernisation et la consolidation des acteurs de petite taille, la stimulation du développement de nouveaux produits à plus forte valeur ajoutée, le développement et le contrôle de l’application des normes.

Le développement de la filière « céramique » permettra de répondre aux défis de compétitivité se posant à ses acteurs à travers notamment un appui à l’accès aux marchés d’exports, notamment africains et la production locale de colorants/émaux qui engendrera un gain potentiel de 20-25 points de compétitivité.

La relance de la filière « marbre », majoritairement dominée par des entreprises à caractère artisanal, participera à faire émerger un tissu industriel dense, moderne et compétitif autour de locomotives fortes. Il s’agit, en particulier, d’actions visant l’optimisation du mode de gestion des carrières pour favoriser la rentabilité des acteurs, de l’attraction de nouveaux investisseurs, du développement des PME/TPE et de l’accompagnement des acteurs à l’export notamment en Afrique.

S’agissant de la filière « acier », l’objectif est de construire une industrie sidérurgique forte, reconnue comme référence dans la région à travers un développement intégré couvrant l’ensemble des facteurs de compétitivité, allant de l’accès aux matières premières à l’optimisation de l’efficience opérationnelle, en passant par la stimulation de la demande locale et la création de nouveaux débouchés à l’export notamment vers l’Afrique de l’ouest et centrale.

Pour ce qui est de la filière « ciment », les efforts vont être focalisés sur le développement d’une filière complète de valorisation énergétique des déchets ménagers qui représente un vivier important mais faiblement valorisé (6,8 M tonnes par an).