Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020 : les industries chimiques se structurent en écosystèmes




Deux écosystèmes ont été lancés dans le secteur des industries chimiques, jeudi 17 décembre 2015, à Rabat, lors d’une cérémonie présidée par M. Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique et Mohammed Boussaid, Ministre de l’Economie et des Finances, et en présence de M. Mamoune Bouhdoud, Ministre délégué chargé des petites entreprises et de l'intégration du secteur informel.

Ces écosystèmes concernent la filière de la chimie verte et celle de la chimie organique. Pour accompagner leur déploiement, deux contrats de performance spécifiques à chacune des deux filières, ainsi qu’un contrat de mesures transverses ont été conclus par MM. Moulay Hafid Elalamy, Mohammed Boussaid et Abdelkbir Moutawakkil, Président de la Fédération de la Chimie et de la Parachimie.

Ces 2 premiers écosystèmes, qui n’englobent pas les activités de l’OCP, contribueront d’ici 2020, à :

  • créer 12.430 nouveaux emplois directs stables et 20.570 emplois indirects,
  • générer un C.A. additionnel de 14,6 milliards de dhs.
  • générer une valeur ajoutée additionnelle de 3,8 milliards de dhs, et à
  • générer un C.A. à l’export additionnel de 9,8 milliards de dhs.

Le lancement de ces écosystèmes est appelé à répondre à l’impératif de combler certaines carences du secteur de la chimie (hors phosphates), à savoir notamment, le déficit relevé au niveau des échanges commerciaux (24,5 milliards de dhs), l’atomisation de ses activités qui sont assurées majoritairement par des PME (90% des entreprises réalisent un C.A. inférieur à 200 millions de dhs), ainsi que l’inégale participation de ses entreprises à la création de valeur ajoutée.
S’exprimant à cette occasion, M. Elalamy a souligné que la mise en place de ces écosystèmes, fruit d’un partenariat public-privé conduit de manière exemplaire, permettra l’émergence d’une industrie chimique performante qui s’articulera avec davantage d’efficience aux activités auxquelles elle est liée en amont ou en aval.

L’écosystème « Chimie verte », qui se positionne en aval du Plan Maroc Vert et englobe 5 filières distinctes (Extraits de plantes aromatiques, Extraits de caroube, Colorants naturels, Arômes & fragrances, Cosmétique bio), permettra de répondre aux défis de compétitivité se posant encore à ses acteurs qui doivent faire face à :

la faible qualité et l’irrégularité d’approvisionnement en ressources végétales et à la dépendance vis-à-vis des importations (entreprises de l’amont de la filière), pesant sur les coûts de production et le besoin en fonds de roulement,
un positionnement sur des activités d’extraction à faible valeur ajoutée, c’est le cas des entreprises nationales principalement (elles représentent 6% du CA du secteur contre 25% pour les activités de formulation (cosmétiques, arômes & fragrance)),
un faible niveau de structuration et une prépondérance de l’informel qui constitue un frein au développement de la filière.
La structuration de la filière « Chimie verte » en écosystème performant est une véritable opportunité pour ses entreprises, a ajouté M. Elalamy, dans un contexte où des réglementations de plus en plus restrictives sont fixées en matière d’usage d’additifs de synthèse et où le marché mondial de produits naturels est en pleine expansion (+10% depuis 2010).

S’agissant de la filière « Chimie organique », l’écosystème créé constituera un précieux soutien à l’éradication des carences pesant encore sur ses activités, dont le coût des matières premières, les pratiques de dumping,…

Son activité se focalisera sur le développement d’une production axée sur des biens intermédiaires, des produits de spécialité et de formulation destinés à servir une multitude de marchés applicatifs. 7 filières clés sont concernées par cet écosystème : « Résines », « Peintures techniques », « Colles courantes et techniques », « Détergence », « Cosmétiques Marques De Distribution (MDD) & Bas Prix (LowCost) », « Produits d’efficacité énergétique à base organique », « Phytosanitaires ».

S’agissant de la filière « Chimie organique », l’écosystème créé constituera un précieux soutien à l’éradication des carences pesant encore sur ses activités, dont le coût des matières premières, les pratiques de dumping,…

Son activité se focalisera sur le développement d’une production axée sur des biens intermédiaires, des produits de spécialité et de formulation destinés à servir une multitude de marchés applicatifs. 7 filières clés sont concernées par cet écosystème : « Résines », « Peintures techniques », « Colles courantes et techniques », « Détergence », « Cosmétiques Marques De Distribution (MDD) & Bas Prix (LowCost) », « Produits d’efficacité énergétique à base organique », « Phytosanitaires ».

S’agissant de l’accompagnement prévu pour les acteurs des écosystèmes, il s’adapte parfaitement aux besoins et attentes des opérateurs et vise :

  • l’appui à l’investissement, à travers le Fonds de Développement Industriel (FDI), à un taux variant entre 15 et 30% du montant global investi,
  • l’appui à la compétitivité des TPME et auto-entrepreneurs,
  • l’accompagnement des entreprises pour la conclusion de contrats de performance.
  • l’accès au foncier à prix attractifs (39,6 Ha et 60 Ha réservés respectivement aux écosystèmes « Chimie organique » et « Chimie verte »).
  • l’attraction d’industriels internationaux de rang 1 pour accélérer le développement des écosystèmes.
  • la mise en place d’une offre de formation au profit des 12.430 futurs emplois directs générés par le secteur de la chimie à l’horizon 2020. Elle sera déployée au niveau des établissements de formation professionnelle et en ingénierie (OFPPT, Ecole Mohammadia d’Ingénieurs, Ecole Hassania des Travaux Publics, Ecole Nationale de l’Industrie Minérale) dont la capacité de formation en génie des procédés, notamment sera augmentée,
  • l’accès au financement bancaire à travers le développement d’une offre intégrée dédiée aux financements d’investissement et d’exploitation,
  • l’accompagnement des industriels à la conclusion de conventions avec la Moroccan Foundation for Advanced Science, Innovation and Research (MAScIR) en vue de leur faciliter l’accès à la R&D.

Ces aides seront octroyées en contrepartie des objectifs précités, fixés au secteur d’ici 2020 en terme de création d’emplois, de génération de valeur ajoutée et d’accroissement des exportations.

En vertu des contrats de performance conclus, une structure d’animation dédiée aux écosystèmes de la chimie sera créée et domiciliée au sein de la FCP. Elle s’emploiera à coordonner, orchestrer et animer les réseaux d’entreprises que forment ces écosystèmes.

A propos du secteur des industries chimiques

Le secteur des industries chimiques (hors phosphates) emploie plus de 15.000 personnes et génère un chiffre d’affaire de 20 milliards de dhs, soit 5% du C.A. industriel.

L’activité du secteur, constitué majoritairement de PME, se concentre sur des filières très diversifiées de la chimie de spécialité et se trouve donc fortement liée, en amont ou en aval à d’autres activités économiques.