Plan d’Accélération Industrielle : 3 écosystèmes lancés dans le secteur du cuir

Trois filières du secteur du cuir s’organisent en écosystèmes, dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Lors d’une cérémonie organisée jeudi 11 février 2016, à Rabat, MM. Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie Numérique, Mohammed Boussaid, Ministre de l’Economie et des Finances, et Hamid Ben Rhrido, Président de la Fédération des Industries du Cuir (FEDIC), ont procédé à la signature de 4 contrats de performance pour accompagner le déploiement des écosystèmes lancés.

Les filières concernées sont la chaussure, la maroquinerie et les vêtements en cuir, ainsi que la tannerie. Les objectifs de croissance qui leurs sont fixés à l’horizon 2020 sont :

- La création de 35.000 nouveaux emplois stables, et
- La réalisation de 5,5 milliards de dhs de chiffres d’affaires à l’export.

L’organisation de ces filières en écosystèmes performants confèrera un nouvel élan de développement au secteur et apportera en particulier des réponses concrètes aux défis et carences auxquelles se heurtent toujours ses acteurs : perte graduelle de compétitivité sur le marché local et les marchés historiques, faible avantage compétitif de l’amont malgré la disponibilité de cuirs et de peaux brutes de bonne qualité, menace des produits de substitution au cuir, prépondérance de l’informel dans le marché domestique, …

Les écosystèmes opèreront un renforcement de la compétitivité structurelle des entreprises, assureront une meilleure intégration de la chaine de valeur du cuir et favoriseront l’émergence d’acteurs générant une forte valeur ajoutée économique et sociale.

En soulignant l’importance de l’industrie du cuir en tant que composante essentielle du secteur des biens de consommation au Maroc, M. Elalamy a affirmé à cette occasion que « les écosystèmes mis en place sont appelés à mieux positionner le secteur sur des segments générateurs de valeur et pour lesquels le Maroc possède de réels atouts valorisables ». « Les écosystèmes participeront à une montée en gamme dans les filières, a-t-il ajouté, avec l’objectif de répondre constamment aux exigences de qualité et de compétitivité ».

Le déploiement de l’écosystème « Chaussures en cuir » favorisera un développement plus accéléré de la filière qui s’opèrera à travers une large mutation du tissu existant et l’attraction de nouveaux investissements permettant de mieux satisfaire la demande qui s’adresse à la filière tant au niveau local qu’à l’export. L’écosystème répondra ainsi aux défis qui se posent encore au segment de la chaussure dont notamment, la perte de compétitivité sur les marchés cibles et la désarticulation entre l’offre amont et les besoins en aval.

L’écosystème « Maroquinerie et vêtement en cuir » participera à faire émerger un tissu industriel dense, moderne et compétitif dans la filière, fortement dominée actuellement par des entreprises à caractère artisanal et des TPE souffrant d’handicaps structurels.

S’agissant de la tannerie, l’écosystème lancé permettra de palier les insuffisances actuelles de la filière parmi lesquelles il y a lieu de citer l’inadéquation des infrastructures de production, les pertes occasionnées lors des étapes de transformation, le manque de compétences métier…

L’accompagnement prévu pour les acteurs des écosystèmes dans le cadre des contrats de performance conclus s’adapte parfaitement aux besoins et attentes des opérateurs et vise :

- L'appui à l'investissement matériel (foncier, construction, installations, machines, réseau commercial de distribution pour les marques nationales…) et immatériel (créativité, innovation, design, assistance technique…), à travers le Fonds de Développement Industriel et d’Investissements (FDII). Cet appui se présente sous forme d’aides directes pouvant atteindre jusqu’à 30% du montant global d’investissement matériel et immatériel.
- Le renforcement de l'offre Maroc via l'AMDI et Maroc Export,
- La mise à niveau du cadre normatif et l'instauration de labels qualité,
- La structuration de l'amont du secteur,
- Le déploiement des meilleurs efforts pour l'intégration de l'informel (sous-facturation à l’importation, soutien aux TPE et auto-entrepreneurs…),
- La mise en place d'une offre de formation, en partenariat avec les établissements de formation professionnelle, notamment l'OFPPT,
- L'accès au foncier à des prix attractifs : 96,7 Ha réservés au secteur.
- L'accès au financement bancaire à travers le développement d'une offre intégrée dédiée aux financements d'investissement et d'exploitation,
- L'accompagnement des TPME et auto-entrepreneurs du secteur dans le cadre du cadre contractuel Etat/ANPME 2015-2020,
- L’incitation des donneurs d’ordre étrangers, clients des entreprises des écosystèmes, à s’installer et ouvrir des bureaux de sourcing au Maroc.
Ces aides seront octroyées en contrepartie des objectifs précités, fixés au secteur d’ici 2020 en terme de création d’emplois et d’accroissement des exportations.

En vertu des contrats de performance conclus, la FEDIC s'emploiera à coordonner et animer les réseaux d'entreprises que forment les écosystèmes lancés. Elle s'engage également à créer 35 000 emplois à l’horizon 2020, à lancer 40 projets d’investissement de locomotives faisant partie desdits écosystèmes et à réaliser un chiffre d’affaire additionnel à l’export de 5,5 MDHS à l’horizon 2020. La FEDIC s’attellera également à la mise en place d’une bourse pour le commerce du cuir dont la première phase de mise en place consistera en la réhabilitation du marché des peaux de Ain Nokbi à Fès.