La journée inaugurale a illustré la montée en gamme industrielle et technologique du Royaume
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 8e édition du Marrakech Airshow s’est ouverte à Marrakech avec près de 200 exposants issus de 27 pays et plus de 70 délégations étrangères. Les annonces de la journée inaugurale ont donné une traduction concrète à la transformation de l’écosystème marocain : élargir les activités réalisées dans le Royaume, maîtriser davantage de technologies et renforcer l’intégration du Maroc aux chaînes de valeur mondiales. De la recherche à la production, du sourcing local aux systèmes autonomes, le Salon a placé au cœur du récit les entreprises, les compétences et les partenariats qui font progresser le Maroc vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
Une plateforme internationale qui valorise les talents
Au cours de la plénière inaugurale, Taoufiq Moucharraf, président de l’Association des Salons du Spatial, de l’Aéronautique et de la Défense (ASSAD), le Marrakech Airshow constituait une plateforme d’échange et de partenariat au service de la montée en gamme du Royaume. Le programme avait aussi prévu une journée dédiée aux étudiants marocains, avec près de 500 jeunes annoncés pour découvrir les métiers et les entreprises du secteur.
Ces annonces ont illustré le changement d’altitude du Maroc : une base industrielle qui fabrique, intègre et maîtrise progressivement davantage de technologies. Le Marrakech Airshow a confirmé le positionnement du Royaume comme plateforme aéronautique ouverte aux coopérations internationales, attractive pour l’investissement et tournée vers l’Afrique et les marchés mondiaux.
Une montée en gamme portée par des preuves industrielles
Pour M. Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a souligné qu’en deux décennies, le Maroc avait bâti une plateforme capable de répondre aux exigences des industriels internationaux et de réaliser des systèmes complexes. Il a également mis en avant la progression vers la conception, ainsi que les compétences, la capacité de livraison et la stabilité du Royaume. « We do very, very complex systems here », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « We are designing them. » Il a résumé l’attractivité du Maroc par cette formule : « Morocco is the solution. »
Ces acquis dessinent une trajectoire claire : partir d’une base industrielle reconnue, intégrer davantage de valeur, développer l’ingénierie et la maîtrise technologique, puis faire émerger de nouvelles capacités d’innovation. Le Marrakech Airshow a ainsi rendu visible une transformation qui dépasse la seule production et inscrit le Maroc dans des segments industriels plus complexes.
La défense inscrite dans une ambition de souveraineté industrielle
Le développement de cette base industrielle et technologique de défense et de cybersécurité s’appuie sur la construction de partenariats avec des investisseurs étrangers et sur les transferts de technologie. L’enjeu est de faire grandir, au Maroc, les compétences, les savoir-faire et la maîtrise technologique nécessaires, tout en donnant aux acteurs nationaux une place croissante dans les projets engagés.
Des engagements sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur
Recherche et fabrication avancée. L’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) a officialisé un accord de consortium pour la création de l’Africa Center for Manufacturing Excellence (ACME), avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Administration de la Défense nationale, Boeing, le Groupe OCP, Lockheed Martin, CETIM, Safran Nacelles et Airbus. Implanté à Nouaceur, le centre devait réunir équipements, recherche et formation via l’ACME Academy, autour notamment des matériaux avancés, de la fabrication additive, de la robotique et de l’automatisation.
Systèmes aéronautiques. Le protocole d’accord signé avec Safran Oil Systems portait sur un projet consacré aux systèmes d’huile et de gestion des fluides pour moteurs aéronautiques. L’investissement annoncé s’élevait à 160 millions de dirhams et devait créer 100 emplois, tout en renforçant les savoir-faire locaux en usinage et en fabrication de composants de haute précision.
Sourcing local. La convention-cadre signée par le ministère de l’Industrie et du Commerce et Royal Air Maroc visait à développer les achats auprès des entreprises marocaines et à substituer progressivement une offre nationale aux importations, avec un objectif annoncé pouvant atteindre 60 % des besoins concernés. Royal Air Maroc devait partager ses besoins et son calendrier, tandis que le ministère devait accompagner la mise à niveau des fournisseurs. La démarche devait ouvrir la commande aux PME, favoriser l’implantation de fournisseurs et accélérer les transferts de savoir-faire.
Technologies anti-drones. L’État marocain et Harmattan AI ont signé une convention d’investissement pour un projet intégré couvrant la recherche et développement, le prototypage, l’ingénierie, la production, l’intégration et les essais de technologies anti-drones. Le projet prévoyait la création de 1 000 emplois directs et indirects. Une lettre d’intention distincte portait sur le développement d’un drone souverain et de capacités nationales dans les systèmes autonomes.
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